Catalogue d’artiste Claude Viallat

Conception graphique du catalogue d’artiste Claude Viallat d’après notre création d’affiches et autres supports de communication de cette exposition.

Présentée au musée des beaux-arts de Brest et au centre d’art passerelle, l’exposition Claude Viallat : voiles et toiles propose, à travers une sélection de peintures de 1984 à aujourd’hui, la mise en espace par l’artiste d’une géométrie personnelle et intime de ses œuvres.
Né en 1936 à Nîmes, où il vit et travaille, Claude Viallat est l’un des fondateurs du groupe « Supports – Surfaces ». A la fois théorique et politique, ce mouvement d’avant-garde regroupe, entre 1969 et 1972, des artistes qui remettent en question l’œuvre d’art et les moyens picturaux traditionnels. Se détachant du sujet, ils choisissent de mettre en évidence la matérialité physique de l’œuvre. Avec Daniel Dezeuze, Patrick Saytour ou Louis cane, Claude Viallat axe sa réflexion autour des éléments constitutifs de la peinture : le châssis, la toile, les pigments, les instruments, le cadre et l’accrochage des œuvres. Aucune interprétation subjective ne doit intervenir dans la lecture de leurs œuvres, réduites au seul résultat de l’interaction entre le support et la surface. Dès lors le spectateur n’est pas invité à projeter ses propres représentations mais il doit se confronter à une expérience visuelle ne renvoyant qu’à elle-même. Comme le déclarent les artistes du groupe, à l’occasion de leur exposition au musée du havre en juin 1969 : « l’objet de la peinture, c’est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu’à eux-mêmes. ils ne font point appel à un « ailleurs » ».

Chez Claude Viallat, le travail – terme qui se substitue, d’après la théorie de « Supports-Surfaces », à la création artistique – passe par la réduction à l’extrême des moyens de production. L’artiste répète à l’infini une forme unique, simple et déchargée de sens, sur des toiles libres de tout châssis. Cette forme, dont il raconte qu’elle est née au hasard après avoir tracé une palette, est devenue son empreinte. Appliquée au pochoir dans une variété de couleurs jouant sur les oppositions chromatiques, la peinture s’imprègne et se diffuse sur le tissu, dont l’artiste accepte ce qu’il restitue. Ainsi, bien qu’utilisé depuis 1966, son système de création ne l’enferme pas, il est au contraire la source d’expérimentations toujours renouvelées. Parmi la diversité des supports employés (matériaux de récupération, tissus d’ameublement ou bâches), l’artiste a choisi de présenter à Brest ceux qui lui évoque la vocation maritime de la ville : voiles, toiles et filets.

Ce processus de déconstruction, mené à la fois par le choix d’un motif qui annihile le sujet et par la valorisation du support, lui permet de s’interroger sur le sens du geste créateur et sur le statut de l’œuvre d’art, tout en s’inscrivant dans un rapport revendiqué à l’histoire de l’art. Claude Viallat compte aujourd’hui parmi les figures majeures de la peinture française et est considéré comme l’un des grands coloristes contemporains. Il a représenté la France à la Biennale de Venise en 1988. ses œuvres ont été exposées dans la plupart des lieux d’Europe, d’Amérique et d’Asie et figurent parmi de  nombreuses collections publiques.

texte extrait du dossier pédagogique de l’exposition Claude Viallat : voiles et toiles
réalisé au musée des beaux-arts de Brest
par Mathilde Pigallet et Vanessa Ché